Don de sang autologue
Le don de sang autologue permet au patient devant subir une intervention chirurgicale de se faire prélever du sang dans les semaines la précédant, au cas où il aurait besoin d’une transfusion durant ou après l'opération.
Le don autologue est indiqué lorsqu’il y a de fortes chances que le patient ait besoin d’une transfusion pendant ou après son intervention chirurgicale, et que son état de santé le permet. On peut prélever 4 dons autologues en 4 semaines, et ce, jusqu'à 3 jours avant la date prévue de l'intervention chirurgicale.
Les dons autologues s’effectuent soit en milieu hospitalier, soit dans un établissement de la Société canadienne du sang.
Suggestions de lecture concernant les dons autologues, y compris les dons de patients à haut risque.
Avant le don, le médecin ou le chirurgien doit évaluer l'état de santé du patient afin de s'assurer qu'il peut donner du sang. Le don autologue est contre-indiqué en présence de certaines affections médicales. Pour donner son sang, le donneur doit répondre aux exigences générales d’admissibilité de la Société canadienne du sang. Enfin, le sang prélevé doit être soumis à la panoplie de tests de dépistage prévue par la Société canadienne du sang avant d’être déclaré conforme.
Si le sang autologue n'est pas utilisé par le patient-donneur, il sera détruit puisqu'il ne peut pas être utilisé par une autre personne.
Les types de dons autologues décrits précédemment consistent en la mise en réserve de sang. Parmi les autres types de dons autologues, mentionnons les suivants :
- hémodilution normovolémique périopératoire (prélèvement de sang immédiatement avant l’intervention chirurgicale, rétablissement de la volémie au moyen de cristalloïdes et retransfusion du sang prélevé);
- récupération peropératoire du sang;
- récupération postopératoire du sang.
Effectuées en milieu hospitalier, ces interventions portent collectivement le nom de transfusions autologues périopératoires.
Programmes de dons autologues en milieu hospitalier
La collecte de sang autologue est souvent nécessaire dans les hôpitaux pour les raisons suivantes:
- Le patient donneur habite un lieu géographique éloigné d’un point de collecte de la Société canadienne du sang.
- Souvent, les patients doivent se déplacer vers une grande ville pour être opérés, et ils souhaitent faire le don de sang autologue dans leur propre région.
- Certains patients à haut risque ne sont pas admissibles aux programmes de la Société canadienne du sang. Par conséquent, c’est l’hôpital où doit avoir lieu l’intervention chirurgicale qui s’occupe de répondre aux besoins de ces patients. Dans certains hôpitaux, par exemple, il existe des programmes de dons autologues pour les patients devant faire l’objet d’une opération à cœur ouvert.
Ces facteurs ont contribué à l’évolution des programmes de dons autologues en milieu hospitalier. Lorsque c’est le personnel de l’hôpital qui prélève ces dons, l’hôpital est considéré comme un fabricant de sang. Cette responsabilité est assortie de normes rigoureuses. Le texte qui suit est offert à titre indicatif et comprend, mais non exclusivement, les exigences en matière de programmes de dons autologues telles qu’elles sont décrites dans la norme CAN/CSA-Z902-04, Sang et produits sanguins labiles, de l’Association canadienne de normalisation (ACN).
Remarque: Ces informations sont extraites de la norme CAN/CSA-Z902-04, Sang et produits sanguins labiles, de l’Association canadienne de normalisation (ACN), sise au 178, boulevard Rexdale, Toronto (Ontario), M9W 1R3. Bien qu’elle ait autorisé l’utilisation de ce texte sur ce site, l’ACN n’assume aucune responsabilité quant à sa présentation et son interprétation. Pour obtenir des renseignements sur l’ACN ou le texte de ses normes, rendez-vous sur son site Web (www.shopcsa.ca) ou composez le 1-800-463 6727.
Nous publions ces informations à titre purement indicatif et vous prions de vous reporter au texte intégral de la norme pour connaître le détail des exigences relatives aux dons autologues.
Exigences générales
- Un directeur médical doit être chargé du programme de collecte et il doit autoriser chaque série de dons.
- Tout hôpital qui recueille des dons autologues à des fins de transfusion doit adopter des procédés normalisés qui régissent toutes les activités de ce programme.
- Toute dérogation aux procédés normalisés doit être justifiée par le directeur médical, de concert avec le médecin du patient.
- Le médecin doit prescrire le don de sang autologue.
- Le consentement éclairé du patient doit être obtenu par les autorités compétentes.
- Le don autologue doit servir uniquement à une transfusion autologue et il ne doit pas être placé dans la banque de sang allogénique.
Critères pour les dons
- Aucune limite d’âge n’est imposée pour le don de sang autologue, à moins que le directeur médical chargé du programme de dons autologues en décide autrement.
- Chaque établissement doit élaborer un questionnaire à l’intention du donneur. De nombreux établissements élaborent leur questionnaire en se fondant sur le Dossier du don de sang de la Société canadienne du sang.
- Le directeur médical doit élaborer des directives sous forme de procédés normalisés, qui doivent inclure, entre autres, les critères suivants:
- la collecte de sang autologue ne doit pas avoir lieu moins de 72 heures avant l’intervention chirurgicale ou la transfusion prévue, à moins que le sang soit prélevé dans un contexte péri-opératoire;
- le don autologue ne doit pas être recueilli si le patient a reçu un diagnostic de bactériémie ou est traité pour ce trouble ni s’il est atteint d’une infection bactérienne patente pouvant s’accompagner d’une bactériémie;
- la peau au point de ponction doit avoir un aspect sain;
- il importe de déterminer le volume du don de sang en tenant compte du poids corporel du patient;
- la fréquence des ponctions veineuses doit être déterminée de concert avec le médecin du patient.
Collecte et étiquetage
- Les procédés normalisés doivent inclure les points critiques suivants :
- les fournitures et l’équipement essentiels;
- les signes, les symptômes et le traitement des réactions indésirables chez le donneur, et les mesures prises pour réduire leur incidence au minimum;
- les soins médicaux dispensés en cas de réactions indésirables;
- les unités de moins de 300 ml qui n’ont pas été recueillies sur une moins grande quantité d’anticoagulant ne doivent pas être transfusées;
- le sac de sang doit être inspecté au préalable pour rechercher des défauts, des dommages et des signes de contamination; tout défaut doit être signalé au fabricant;
- l’heure du prélèvement doit être dûment consignée, et tous les dossiers, sacs de sang et échantillons doivent être identifiés correctement et porter le nom du donneur. - Les sacs de sang, l’équipement et les dispositifs qui servent à la collecte doivent être approuvés par Santé Canada, et ils ne doivent pas être utilisés s’ils sont défectueux, endommagés ou contaminés.
- Durant le prélèvement, le sang doit être constamment mélangé et pesé avec minutie pour éviter le prélèvement d’un trop grand volume. Si le volume prélevé est plus grand que la quantité maximale spécifiée par le fabricant du sac, le sac doit être détruit.
- Au moment du prélèvement, des échantillons additionnels de sang doivent être prélevés dans des tubes pour les épreuves de dépistage. Ces tubes doivent être identifiés correctement à ce moment-là.
- Le sac et les échantillons doivent être étiquetés immédiatement, sans quitter le chevet du patient. L’unité de sang doit être conservée à part.
- Une étiquette verte doit être apposée sur chaque unité. Elle doit porter les renseignements suivants:
- la mention « Pour transfusion autologue seulement »;
- les nom et prénom du patient (donneur);
- le nom de l’hôpital où la transfusion prévue aura lieu;
- un numéro d’identification unique, par exemple la date de naissance, le numéro d’assurance-santé ou un numéro d’identification semblable;
- une étiquette « Biorisque » doit être apposée et laissée en place tant que les épreuves de dépistage de maladies transmissibles n’auront pas démontré que les échantillons sont négatifs; si on ne prévoit pas effectuer les épreuves de dépistage à l’aide de cette unité de sang, tel qu’il est stipulé dans les procédés normalisés, on doit apposer une étiquette « Épreuves non terminées » sur l’unité.
Épreuves de laboratoire
- La détermination du groupe ABO et du facteur Rhésus du sang autologue doit être effectuée à l’établissement de collecte.
- Les épreuves de dépistage de maladies transmissibles chez le donneur doivent être effectuées sur la première unité de sang recueillie et, ensuite, tous les 42 jours. Si l’unité donne lieu à un résultat positif et qu’elle doit être expédiée à un autre hôpital pour la transfusion, la société de transport doit aviser l’établissement qui reçoit l’unité de sang des résultats initialement positifs, peu importe les résultats des épreuves de confirmation.
- Le médecin du patient doit être avisé en cas de résultats anormaux aux épreuves de dépistage.
Administration
L’hôpital doit avoir un procédé pour que le patient qui a fait un don autologue reçoive d’abord les unités de sang autologue, avant que des unités de sang allogénique soient mises en circulation à l’intention de ce patient.