La Société canadienne du sang réagit à une nouvelle menace possible à la sécurité du sang
La Société canadienne du sang prend très au sérieux la sécurité de l’approvisionnement en sang et appelle à des efforts constants afin de déterminer tout facteur susceptible de menacer cet approvisionnement, qu’il s’agisse de pathogènes transmissibles par le sang ou de problèmes qui pourraient compromettre le caractère suffisant de l’approvisionnement en sang et en produits sanguins dont les patients ont besoin.
L’automne dernier, un rapport publié dans la littérature médicale a semblé établir une association entre le syndrome de fatigue chronique (SFC) et la présence du virus XMRV (virus apparenté aux virus de la leucémie murine xénotrope). Ce rapport relatait non seulement la découverte du virus XMRV dans des échantillons de sang prélevés de patients américains atteints de SFC, mais aussi la présence du virus dans une proportion beaucoup plus élevée que chez les personnes en bonne santé (67 % des patients atteints de SFC comparativement à 4 % des Américains en bonne santé).
Les chercheurs en question ont également pu démontrer que le virus isolé des échantillons de sang des patients avait pu infecter des lignées cellulaires cultivées en laboratoire. Ils n’ont toutefois pas pu établir si le virus est la véritable cause du SFC chez ces patients, ni si les personnes en bonne santé peuvent être porteuses du virus vivant. En effet, seule la partie du génome du virus XMRV désignée « gag » a pu être identifiée et les chercheurs n’ont découvert aucune autre partie du virus que l’on pourrait s’attendre à trouver si le virus était intact et avait un pouvoir infectant. D’importantes questions restent donc sans réponse, en particulier en ce qui a trait au risque pour le système d’approvisionnement en sang.
De plus, des études menées au Royaume-Uni et aux Pays-Bas au début de 2010 n’ont pu confirmer les résultats de l’étude américaine.
La Société canadienne du sang et ses organisations sœurs des États-Unis ont néanmoins jugé l’information suffisamment importante pour examiner ce qui devrait être fait pour protéger l’approvisionnement en sang.
Dans un premier temps, la Société canadienne du sang concentrera ses efforts sur la mise au point d’un test de dépistage du XMRV, car il n’existe pour l’instant aucun test approprié. La deuxième étape consistera à tester suffisamment de donneurs en Amérique du Nord pour déterminer si les personnes en bonne santé peuvent être porteuses du virus.
Jusqu’à récemment, la Société canadienne du sang acceptait les dons de sang de personnes en bonne santé qui déclaraient des antécédents de SFC. Les personnes qui ne se sentent pas bien ne peuvent faire de dons de sang. Cependant, compte tenu des incertitudes au sujet du virus XMRV, la Société a décidé de modifier sa politique et d’exclure pour une durée indéterminée du don de sang toute personne ayant des antécédents médicaux de SFC. Lorsque nous en saurons davantage sur ce virus, nous reverrons cette décision afin de déterminer si cette exclusion indéterminée demeure justifiée. Cette modification sera mise en œuvre dès les collectes d’avril ou mai.
[1] Lombardi VC et al. « Detection of an infectious retrovirus, XMRV, in the blood cells of patients with chronic fatigue syndrome », Science, 2009, 326, p. 585 9. [abstract]